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Je sais que les Canadiens-français ont bûché fort pour faire leur place au Québec  .

Dans un de ses livres Jean-Francois Nadeau parle du Québec du début des années 1900. Je n’avais jamais entendu parler du Parti Ouvrier ( 1909 ), qui dans le contexte de l’époque était un parti très progressiste.

Le Parti Ouvrier déplorait le fait que les Canadiens-français ne trouvaient pas leur place sur le marché du travail.

Malgré beaucoup de talent et d’énergie au travail les Canadiens-français en arrachaient et n’arrivaient pas à se tailler des postes importants dans la haute finance, dans la grande industrie, dans les grandes administrations  et les grosses compagnies de services publics.

Nés pour un petit pain ? Les Canadiens-Français se contentaient des emplois dans les petits magasins ; des métiers les plus  durs et pénibles  pour des salaires dérisoires. 50 ans plus tard , la situation a changé ?  Au début des années 60 , la Commision Royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme a conclu qu’au point de vue économique. Sur 18 communautés ethniques recensées au Québec , Les Canadiens-francais se classaient avant derniers.

Les Québécois ont bûché fort pour prendre leur place et ont réussi..

J’en déduis que  ce désir d’affirmation , ce vouloir d’être maître chez-soi a amené  les Québécois à se prendre en main. Le Québec s’est révolutionné tranquillement  .Une transformation aussi intense ne se fait pas sans vagues comme en témoignent plusieurs batailles linguistiques qui ont fait couler beaucoup d’encre..

La bataille de St-Léonard (printemps 1968 ) qui força le gouvernement à rédiger la premiere loi linguistique au Québec – Le bill 63.

L’échec de la Loi 22.

Les contrôleurs aériens qui ont exigé de pouvoir parler francais dans les tours de controle au Québec. Les joueurs des Nordiques qui demandaient des contrats écrits en français.

Et finalement la Loi 101 de Camille Laurin , notre Charte de la langue française..

Je saisis bien l’importance de cette Charte de la langue française pour la société Québécoise mais j’ai l’impression que Pierre Curzi et ses collègues du Parti Québécois  vivent encore en 1977 ou en 1907  en proposant d’appliquer la loi 101 aux établissements collégiaux. Chaque année , 3500 étudiants décident de faire le saut d’un établisement secondaire français à un college anglais. Selon Pierre Curzi , ces étudiants représentent une menace puisqu’ils pourraient un jour travailler en anglais , ou même pire, réfléchir en anglais.

J’encourage ces jeunes adultes qui souhaitent maîtriser l’anglais qu’on leur a mal enseigné au secondaire.

Restreindre leur liberté de choix, voilà ce que propose le PQ qui semble à des milliers d’années-lumière des préoccupations de ma génération. On veut conquérir le monde. Et on peut le faire avec le web et les technologies qui font que la terre tourne de plus en plus  vite . Négocier avec des gens de partout dans le monde depuis ton sous-sol, avoir des clients ou être sous-traitant pour une entreprise en Californie , au Brésil, à Londres , en Chine.  -2011-

J’ai réussi mon anglais de secondaire 5 très facilement mais je ne le maîtrisais pas suffisamment  pour négocier en anglais, philosopher en anglais, brasser des affaires ou animer à la radio en anglais. Si c’était à recommencer, je fréquenterais un collège anglais.

Reprocher à la jeunesse de ton peuple de vouloir s’ouvrir sur le monde et se donner des outils pour performer à l international ? Non merci monsieur Curzi.

J’ai plusieurs amis qui ont fréquenté des établissements collégiaux anglais . Ils n’ont pas perdu leur français, ils élèvent leurs enfants en français.  Ils écoutent Radio-Canada. Ils vont voir des spectacles de Malajube. Ils rêvent en français.. Ils savent que si j’aurais c’est pas beau. Ils sont performants dans leur domaine, beaucoup.  Que ce soit en marketing , en technologies, en finance, en droit. Ils ramènent de l’ argent étranger au Québec. Tout ça parce qu’ils maîtrisent l’anglais . Un anglais mal enseigné au secondaire qu’ils ont perfectionné au collège anglais.

Ils sont criminels ? Je dirais plutôt ouverts sur le monde qui nous entoure.

Et s’entêter à vouloir contrôler des jeunes qui désirent s’ouvrir sur le monde qui nous entoure, c’est la dernière chose dont on a besoin…

P.S   Monsieur Curzi, vous devriez écouter votre Conseil Supérieur de la langue française…

Article du 24 mars 2011- La Presse  Ce serait une erreur d’assujettir les cégeps à la loi 101, dit le CSLF

vos commentaires

35 Réponses à “La langue”

  1. KC says:

    Je suis d’accord avec toi. J’ai fait tout mon secondaire en anglais enrichi (dans une école privé) et si je n’avais pas été dans un collège anglais, je n’aurais jamais pu maîtriser l’anglais comme je le fais maintenant. Faudrait pas qu’on se retrouve avec des jeunes qui parlent anglais comme une certaine politicienne au Quebec sur la place publique…

  2. Eric D says:

    Peut être que dans la région de Québec le fait d’être bilingue ne fait pas en sorte que tu délaisse le français mais dans région de Montréal ce n’est pas le cas. Pis l’argument du travail me blasé au plus au point. Si nous serions dans un pays qui se respecte moins de 10% des gens auraient besoin de l’anglais au travail. La majorité des emploies sont du travail industriel donc si on respecte la loi sur la langue au travail on a pas besoin parler anglais. Après se sont des boulots dans le service public et la on nous demande d’être bilingue pour servir la minorité locale et ça au salaire minimum. Que les grand hôtel et restaurant des grandes villes le fassent normale mais que le dépanneur du coin l’exige, là ça me trouble. On parle de l’ouverture sur le monde, pourtant allez un peu partout dans le monde et a part dans les grandes villes, les gens parlent la langue du pays quand ils sont de simple employés. Les cadres de multi nationale et l’élites sont une minorité dans une société. Je dis pas que ce n’est pas important mais avant nous devons nous assurer de l’avenir de notre langue car vivant dans une mer d’anglophones il serait facile de s’y noyer.

  3. Audrey Vigneault says:

    La vie est vécue vers l’avant et comprise vers l’arrière. ( Kierkegaard) En sociologie on utilise beaucoup cette expression. Les années 60-70 c’est la montée du nationalisme , plus précisément l’affirmation collective des Québécois.( Pas seulement ça, mais pour les besoins de la cause il en sera ainsi) “Maître chez nous” et “Maintenant ou jamais” furent les principaux slogans de Jean Lesage lors de sa campagne électorale en 1962. Des expressions qui en disent long sur les besoins et les revendications des québécois. La construction de l’identité collective se fait de plus en plus présente dans ces années, c’est d’ailleurs à cette époque que le nom de Canadiens français du Québec disparait pour faire place à celui de Québécois!
    Il faut comprendre et surtout ne jamais oublié que beaucoup de gens ce sont battus pour construire notre identité collective d’aujourd’hui.Je suis d’accord avec toi PY trop de personnes au Québec ne parlent pas anglais. C’est vraiment une grosse lacune je sais, mais d’un autre coté je comprends aussi la peur de Curzi. A t-il peur qu’il nous arrives le même sort que celui des Acadiens ???

  4. Marianne D says:

    Si on m’avait empêché d’aller à St.Lawrence College, j’aurais probablement déménagé dans une autre province pour perfectionner mon anglais, et suite aux relations tissées à l’extérieur et aux possibilités d’emploi offertes, j’aurais certainement pu rester là-bas. À la place, j’étudie dans une ville merveilleuse en plein essor où j’entrevois un avenir en français ET en anglais. Nous empêcher d’étendre notre ouverture sur le monde causeras l’exode de la relève des travailleurs ailleurs, et dieu sait que le Québec ne peut se permettre une deuxième grande saignée.

  5. Alain Billard says:

    Tout a fait d’accord avec PY, au cégep, rendu au CÉGEP, la grande majorité des gens parlent déja francais, ils ne l’oublieront pas a cause qu’ils étudient en Anglais.

    Pour certains, ce sera la différence entre carriere internationale et locale. On sait tres bien que ce n’est au secondaire qu’on devient bilingue. Les étude collégiales en Anglais permettent de se perfectionner en anglais et ca ne fait pas mal a personne.

  6. Carole Demers says:

    Je suis entièrement d’accord avec toi Pierre-Yves, j e suis bilingue et je suis fière de pouvoir de m’exprimer dans les deux langues. De plus, j’ai voulu envoyé mon fils que tu connais bien Pierre Yves dans une école anglaise et cela me fut refusé dans les années 80, heureusement qu’il a toujours été entouré de personnes de langue anglaise et qu’aujourd’hui qu’il soit bilingue. Donc, lorque tu voyages il est plus facile de s’exprimer

  7. Leticia says:

    Je suis tout à fait d’accord. Je trouve que des jeunes qui ont 18 ans ou plus sont assez grands pour choisir la langue qu’ils veulent parler au cégep. Je suis présentement au Champlain College à St-Lambert, je parle le français depuis 6 ans seulement, et je parle le portugais depuis toujours. Ai-je oublié le portugais parce que j’ai déménagé au Canada? Non. Vais-je oublier le français parce que j’étudie en anglais? Je ne pense pas, non. Je m’améliore beaucoup en anglais et c’est très important pour le domaine où je veux étudier à l’université. Laisser les jeunes fréquenter les cégeps en anglais n’est rien de plus qu’une preuve d’ouverture d’esprit.

  8. Hana says:

    Je pense qu’aujourd’hui, au Québec, la loi 101 pour les cegeps est inutile car rendus là, les acquis linguistiques ne sont pas oubliés. Mais, si cette loi doit faire une chose, c’est améliorer la qualité de l’éducation en Francais au primaire et secondaire, et donner une meilleure base en Francais aux élèves. Je viens de finir mon baccalauréat en génie, et même en dernière année, les francophones Québécois ont, pour la plupart, beaucoup de difficultés en Francais, un vocabulaire pauvre et une syntaxe fausse. Tout ceci, selon moi, parce qu’ils ont du mal à distinguer le parlé québécois et le vrai Francais… et encore là je ne m’exprime pas sur les nouvelles générations québécoises SMS…

  9. Camille says:

    Je suis d’accord avec Pierre-Yves. Ayant étudié à Champlain St. lawrence College, je suis aujourd’hui fière de dire que je suis bilingue. Cette corde que j’ajoute à mon arc n’enlève rien à ma langue maternelle. Je parle français à tous les jours, et écrire un texte en français n’est pas un problème pour moi. Je ne pense pas qu’approffondir nos connaissances dans une langue puisse en appauvrir une autre. Cela reviendrait à dire qu’il faut limiter nos connaissances. Apprendre plus ne veut pas dire apprendre plus, mais moins bien. Je suis maintenant à l’université, et je peux dire qu’avoir étudié deux ans dans un collège en anglais m’aide beaucoup. En effet, beaucoup des manuels que nous devons acheter sont en anglais. Faire des lectures de textes de psychologie en anglais ne me cause donc aucun problème. Il faut arrêter d’être aussi fermés, et voir de façon objective tous les avantages d’une langue anglaise bien maîtrisée. Il sera aussi possible à n’importe qui lisant ce commentaire que mes années en anglais n’ont pas fait souffrir mon français écrit. Personne n’est forcé à aller au collège en anglais et la majorité des étudiants étudient encore en français. Créer une loi empêchant les francophones d’étudier en anglais me semble extrême, fâchant et inutile. Laissez le choix aux jeunes d’approfondir leurs connaissances dans la (les) langue(s) qu’ils le désirent.

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